Tu as quatre créneaux par semaine et l’envie de prendre du muscle sans t’éparpiller. Le split sur quatre jours est sans doute le meilleur compromis pour ça : assez de volume pour grossir, assez de repos pour encaisser, une organisation lisible qui tient dans une semaine chargée.
Un bon split 4 jours pour la prise de masse touche chaque groupe musculaire environ deux fois par semaine, répartit 10 à 20 séries dures par muscle sur la semaine, et repose sur des séries menées proche de l’échec avec des charges que tu maîtrises. Le choix des exercices, l’ordre et les temps de repos ne font qu’affiner ce socle.
Voyons comment découper ces quatre séances, à quoi ressemble un programme concret, et comment le faire grossir avec toi.
Pourquoi quatre séances suffisent largement
Ce qui construit un muscle, c’est d’abord le travail que tu lui imposes sur la semaine — le nombre de séries difficiles —, pas l’étiquette que tu colles sur ta séance. Une méta-analyse dose-réponse de Pelland et ses collègues (2025) le montre bien : le volume hebdomadaire par muscle est le principal moteur de l’hypertrophie, et la fréquence sert avant tout à répartir ce volume, pas à le remplacer.
C’est là que quatre jours tombent juste. Avec ce format, tu peux solliciter chaque groupe musculaire deux fois par semaine sans y passer deux heures à chaque fois. Et deux passages battent un seul passage pour une raison concrète : tu arrives plus frais sur chaque série, donc tu la fais mieux, et tu accumules du volume de qualité plutôt que des séries bâclées en fin de séance.
Quatre séances, c’est aussi un rythme tenable. Trois jours de repos possibles dans la semaine, de la marge pour dormir, travailler et avoir une vie. Si tu veux affiner la façon dont tu répartis tes séances sur la semaine, ce guide détaille plusieurs façons d’organiser ton calendrier d’entraînement. Un programme parfait sur le papier mais que tu lâches au bout d’un mois ne vaut rien ; la régularité sur six mois pèse bien plus lourd que l’optimisation à la marge.
Tu es ?
Cette info nous aide à calibrer les charges et les allures.
Quel âge as-tu ?
L'intensité et la récupération sont ajustées selon l'âge.
Ton poids actuel
Sert à calibrer les charges et les dépenses caloriques.
POIDSTa taille
Permet d'adapter certains exercices et les calculs associés.
TAILLEQuel est ton objectif ?
Cela détermine la structure et l'intensité de ton programme.
Affine ton choix pour un programme plus précis.
Que veux-tu travailler ?
Un seul mouvement prioritaire par programme pour progresser vite.
Tes 1RM actuels
Laisse vide si tu ne connais pas ton maximum : le programme démarre alors par une séance de calibration.
Quel est ton niveau en force ?
On adapte le type de programme et les charges à ta base actuelle.
As-tu une échéance ?
Une compétition, un test… Le programme montera vers cette date. Sinon, il tourne à son rythme idéal.
Quelle distance prépares-tu ?
Chaque distance a son propre équilibre entre explosivité et résistance à la vitesse.
Quel est ton objectif ?
Cela nous aide à calibrer l'intensité et la structure du programme.
Quel est ton temps actuel ?
Ton meilleur chrono sur un Hyrox.
Quel temps vises-tu ?
L'objectif que tu veux atteindre sur ton prochain Hyrox.
Quel est ton niveau ?
Pour calibrer l'intensité de ton programme.
Combien de séances par semaine ?
Choisis un rythme que tu peux tenir sur la durée du programme.
Quels jours t'entraînes-tu ?
Tes séances seront planifiées automatiquement selon tes disponibilités.
SEMAINEDurée du programme
Ton équipement
On adapte les exercices au matériel que tu as à disposition.
Une blessure à prendre en compte ?
Uniquement ce qui t'empêche réellement de faire un mouvement. Pour une simple gêne, consulte un médecin avant. On adapte ou on retire les exercices concernés.
Contraintes ou précisions ?
Douleurs, blessures, mouvements à éviter… (optionnel). Si renseigné, le programme s'adapte automatiquement.
PrécisionsMyProgram guide, mais ne remplace pas un coach diplômé ni un avis médical. Consulte un professionnel de santé avant toute activité sportive.
Des précisions ?
Plus tu es précis, plus ton programme colle à ta réalité.
Voici le programme que la bibliothèque MyProgram retient pour ce profil.
Ton programme est construit sur-mesure dans l'app à partir de ces réponses.
Les trois façons de découper tes quatre séances
Trois organisations reviennent tout le temps. Elles fonctionnent toutes, à condition de respecter le volume hebdomadaire. Si tu hésites encore entre te concentrer sur quatre séances dédiées ou partir sur un format en full body plutôt qu’en split, sache que le découpage sur quatre jours reste souvent le compromis le plus simple à tenir pour prendre de la masse. Le choix dépend surtout de ce que tu tiendras dans la durée.
Haut / Bas : la valeur sûre
Deux séances pour le haut du corps, deux pour le bas, en alternance : Haut, Bas, Haut, Bas. Chaque muscle est travaillé deux fois par semaine, le volume se répartit naturellement et les séances ne traînent jamais en longueur.
C’est le découpage que je conseille par défaut quand on démarre un split 4 jours. Il pardonne les imprévus : si tu sautes une séance, tu n’as pas sacrifié toute une moitié du corps pour la semaine.
Poussée / Tirage
Tu regroupes les mouvements de poussée (pectoraux, épaules, triceps) sur deux séances et les mouvements de tirage (dos, biceps) sur deux autres, en glissant le bas du corps dans chaque jour — quadriceps le jour de poussée, ischios et fessiers le jour de tirage. Séquence : Poussée, Tirage, Poussée, Tirage.
L’intérêt, c’est la cohérence : les muscles qui coopèrent sur un même geste sont regroupés, tu les échauffes une fois pour toute la séance. À réserver plutôt si tu as déjà quelques mois de pratique et que tu sais ventiler tes jambes sur deux jours.
Le découpage par zone
La version « classique » des salles : une séance pectoraux-dos, une séance jambes, une séance épaules-bras, par exemple. Chaque muscle n’est alors travaillé qu’une fois par semaine, ce qui t’oblige à caser tout ton volume hebdomadaire d’un coup.
Ça marche, mais c’est l’option la plus exigeante : vingt séries pour le dos en une seule fois, ça fatigue, et les dernières valent rarement les premières. Si tu choisis cette voie, surveille que la qualité ne s’effondre pas en cours de route.
Un programme type sur quatre séances (haut / bas)
Voici un canevas haut / bas complet. Les deux séances « haut » et les deux séances « bas » diffèrent légèrement pour varier les angles et les exercices, sans réinventer la roue.
Séance 1 — Haut (A)
- Développé couché (barre ou haltères) : 4 séries de 6 à 10 répétitions
- Tirage horizontal / rowing : 4 × 8-12
- Développé épaules assis : 3 × 8-12
- Tirage vertical ou traction assistée : 3 × 8-12
- Élévations latérales : 3 × 12-20
- Curl biceps : 3 × 10-15
- Extension triceps à la poulie : 3 × 10-15
Séance 2 — Bas (A)
- Squat : 4 × 6-10
- Soulevé de terre roumain : 3 × 8-12
- Presse à cuisses ou fentes : 3 × 10-15
- Leg curl (ischios) : 3 × 10-15
- Mollets debout : 4 × 10-15
- Gainage : 3 séries
Séance 3 — Haut (B)
- Développé incliné haltères : 4 × 8-12
- Traction ou tirage vertical prise large : 4 × 6-10
- Rowing à un bras ou à la machine : 3 × 10-15
- Développé épaules haltères ou machine : 3 × 10-15
- Élévations latérales : 3 × 12-20
- Curl incliné : 3 × 10-15
- Dips ou barre au front : 3 × 10-15
Séance 4 — Bas (B)
- Soulevé de terre ou variante de hip hinge : 3 à 4 × 4-8
- Presse à cuisses : 4 × 10-15
- Fentes marchées : 3 × 10-12
- Leg extension (quadriceps) : 3 × 12-20
- Leg curl assis : 3 × 10-15
- Mollets assis : 4 × 12-20
Sur la semaine, ça donne un volume honnête par zone : autour de 14 à 16 séries pour le dos, une dizaine pour les pectoraux épaulés par les épaules et les triceps, du quadriceps et des ischios à deux reprises. Tu ajustes à la hausse ou à la baisse selon ta récupération.
Combien de séries, de reps et de repos
Le programme n’est qu’un squelette. Ce sont les paramètres d’exécution qui décident si tu grossis ou si tu stagnes.
Côté volume, vise 10 à 20 séries dures par muscle et par semaine. Si tu débutes, reste dans le bas de la fourchette : mieux vaut d’abord t’appuyer sur une méthode pensée pour bien démarrer avant de complexifier ton split, car un débutant progresse avec peu, et en rajouter trop tôt ne fait qu’alourdir la récupération. Les pratiquants avancés ont besoin d’un peu plus pour continuer à bouger l’aiguille.
Pour les répétitions, retiens une règle large : de 5 à 30, tout construit du muscle tant que la série est difficile. En pratique, garde les gros exercices dans une zone de 5 à 10 répétitions et les mouvements d’isolation entre 10 et 20 — plus confortable pour les articulations, plus simple à charger proprement.
L’intensité d’effort est le point que l’on sous-estime le plus. Tes séries doivent finir près de l’échec, une à trois répétitions encore en réserve. Pas besoin de viser la rupture musculaire à chaque fois : les travaux de Refalo et ses collègues (2022) montrent que s’entraîner proche de l’échec, sans l’atteindre systématiquement, suffit pour l’hypertrophie — tout en te laissant du jus pour les séries suivantes.
Pour le repos, laisse passer 2 à 3 minutes sur les gros mouvements polyarticulaires, un peu moins sur l’isolation. Une étude de Singer, Schoenfeld et leurs collègues (2024) indique que des pauses d’au moins deux minutes préservent la performance des séries suivantes — or ce sont ces répétitions tenues qui composent ton volume. Écourter tes temps de repos pour en finir plus vite te coûte des séries utiles.
Un mot sur le tempo : inutile de compter les secondes ou de ralentir pour le principe. Contrôle la descente, pousse franchement, c’est tout. Ce qui compte, c’est la charge, les répétitions et l’effort, pas la chorégraphie.
Manger pour grossir, sans te noyer dans les détails
Tu peux avoir le programme le plus carré du monde : sans un petit surplus calorique, le muscle ne viendra pas. Prendre de la masse, c’est fournir à ton corps un peu plus d’énergie qu’il n’en dépense — 200 à 400 calories au-dessus de ton besoin suffisent largement. Au-delà, tu empiles surtout du gras.
Les protéines sont l’autre pièce maîtresse. Une méta-analyse de Morton et ses collègues (2018) place l’optimum autour de 1,6 gramme par kilo de poids de corps et par jour pour maximiser les gains liés à la musculation, avec peu d’intérêt à dépasser nettement cette valeur. Pour 75 kilos, ça fait environ 120 grammes à répartir sur la journée — si tu te demandes comment fractionner ça concrètement, cet article sur combien de repas prévoir pour prendre de la masse t’aidera à caler ça. Le reste de tes calories, tu le combles avec des glucides — ton carburant à l’entraînement — et des lipides pour l’équilibre hormonal.
Le sommeil fait partie de l’équation, même s’il ne se mange pas. C’est au repos que le muscle se reconstruit ; des nuits courtes à répétition sabotent ta récupération et tes performances. Sept à neuf heures, autant que possible.
Si tu as une pathologie, un trouble du comportement alimentaire ou le moindre doute sur ta situation, parles-en à un médecin ou à un diététicien avant de modifier ton alimentation. Un cadre général comme celui-ci ne remplace pas un avis personnalisé.
Faire grossir le programme avec toi
Un programme figé finit par ne plus rien produire. Le principe à retenir tient en deux mots : surcharge progressive. Chaque semaine, cherche à faire un peu mieux que la précédente — une répétition de plus, un kilo ajouté, une série supplémentaire.
La méthode la plus simple est la double progression. Tu te fixes une fourchette de répétitions, disons 8 à 12. Tu gardes la même charge jusqu’à atteindre le haut de la fourchette sur toutes tes séries, puis tu montes la charge et tu redescends dans le bas de la fourchette. Et tu recommences.
Note tes performances, sinon tu avances à l’aveugle. Carnet ou application, peu importe le support, mais garde une trace de tes charges et de tes répétitions : c’est ton seul vrai juge de paix.
Je n’ai pas de raccourci à t’offrir là-dessus. Les charges que je tire aujourd’hui au squat et au soulevé de terre — 125 et 170 kilos — se sont construites année après année, en ajoutant peu mais souvent. La prise de masse se joue sur les mois, pas sur les semaines.
Quand la progression se bloque plusieurs séances de suite malgré un bon sommeil et une alimentation correcte, c’est souvent le signe d’une fatigue accumulée. Une semaine allégée — moitié moins de séries, charges réduites — te permet de repartir plus fort. Ce n’est pas du temps perdu.
Choisis un découpage que tu tiendras, remplis-le avec les gros mouvements de base, pousse chaque série près de l’échec, mange un peu au-dessus de tes besoins et ajoute un peu de travail chaque semaine. Le plan tient en cinq lignes ; tout le reste se joue dans la discipline répétée, séance après séance.