Ton objectif cette semaine

La dernière semaine ne te rendra pas plus endurant : le travail est fait. Elle sert à deux choses — remplir tes réserves d’énergie et arriver sur la ligne sans mauvaise surprise digestive. Concrètement : tu augmentes la part de glucides dans l’assiette sur les trois derniers jours, tu allèges les fibres et le gras à l’approche du départ, tu bois régulièrement avec un peu de sel. Et tu ne testes rien de nouveau. Aucun aliment, aucun complément, aucun restaurant exotique la veille.

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Le rôle du glycogène

Le glycogène, c’est la forme sous laquelle ton corps stocke les glucides, dans les muscles et le foie. À allure marathon, c’est ton carburant principal. Le souci : les réserves sont limitées, et quand elles s’épuisent dans les derniers kilomètres, c’est le fameux « mur » — jambes lourdes, allure qui s’effondre.

La charge glucidique consiste à remplir ces réserves au maximum avant le départ, pour repousser ce moment. Ce n’est pas un mythe de coureur : c’est la raison d’être de toute cette semaine côté assiette.

Début de semaine

De J-7 à J-4, pas de régime spécial. Tu manges équilibré et normalement : glucides, protéines pour la récupération, légumes, fruits. C’est le bon moment pour garder tes fibres habituelles, tant que tu es encore loin du départ.

Deux pièges ici. Charger en glucides trop tôt ne sert à rien — tu te sentiras lourd pendant des jours sans bénéfice le jour J. Et à l’inverse, profiter du repos pour manger n’importe quoi casse le travail de préparation. Tu réduis ton kilométrage, pas ta rigueur.

Plan alimentaire de la semaine avant un marathon
J-7 à J-4
Alimentation équilibrée et normale : glucides, protéines pour la récupération, légumes, fruits, fibres habituelles.
J-3 à la veille
Charge glucidique : augmentation de la proportion de glucides à chaque repas (riz, pâtes, pommes de terre, pain, flocons d'avoine, fruits mûrs), gras réduit.
1 à 2 derniers jours
Allègement des fibres : moins de légumes crus, légumineuses, céréales complètes et peau des fruits ; préférence pour riz, pâtes et pain blancs.
La veille
Dîner riche en glucides, familier et digeste, pauvre en fibres et en gras ; hydratation avec un peu de sel ; pas d'alcool.
Jour J
Petit-déjeuner familier et riche en glucides 2 à 3 heures avant le départ, facile à digérer, sans rien de nouveau.
Chaque étape prépare le corps à arriver sur la ligne de départ avec des réserves pleines et un ventre léger.

Les trois derniers jours

C’est la vraie fenêtre de charge. De J-3 à la veille, tu augmentes la proportion de glucides à chaque repas : riz, pâtes, pommes de terre, pain, flocons d’avoine, fruits bien mûrs. L’idée n’est pas d’engloutir le double de nourriture, mais de décaler l’équilibre de l’assiette vers les glucides, en réduisant un peu le gras.

Tu vas sans doute prendre un peu de poids sur la balance. C’est normal et c’est bon signe : chaque gramme de glycogène stocké retient de l’eau. Ce n’est pas de la graisse, c’est du carburant et de l’hydratation.

Le garde-fou : ne mange pas jusqu’à l’inconfort. Une fois les réserves pleines, le surplus ne sert plus à rien et pèse sur l’estomac.

Allège les fibres

Sur les un à deux derniers jours, réduis les aliments très riches en fibres : légumes crus, légumineuses, céréales complètes, peau des fruits. Elles sont excellentes au quotidien, mais elles fermentent et peuvent te jouer des tours pendant la course. Préfère le riz, les pâtes et le pain blancs à leurs versions complètes sur cette fin de semaine.

Même logique pour les plats très gras ou épicés, et pour tout ce qui, tu le sais déjà, ne passe pas bien chez toi. On ne découvre pas la sensibilité de son ventre un dimanche matin de marathon.

Boire avec méthode

L’hydratation se joue sur toute la semaine, pas en descendant deux litres la veille. Bois régulièrement ; une urine claire en journée est un bon repère. Ajoute du sel à tes repas et, la veille comme le matin, un peu de sodium ou une boisson d’effort aide ton corps à retenir les liquides. Pour aller plus loin sur ce point précis, notre guide sur comment bien s’hydrater pendant un marathon détaille les quantités et le timing.

Attention au piège inverse : boire énormément d’eau pure peut diluer ton sang et devenir dangereux (hyponatrémie). L’eau, oui, mais avec des électrolytes et sans excès. Si tu as une pathologie (diabète, trouble digestif, problème rénal) ou le moindre doute, cale ce plan avec un professionnel de santé plutôt que de suivre une règle générale.

Cours moins, charge plus

La charge glucidique fonctionne parce qu’elle s’accompagne d’une baisse d’entraînement. Cette dernière semaine, tu réduis fortement le volume (l’affûtage) tout en gardant quelques sorties courtes et faciles, éventuellement deux ou trois accélérations pour rester tonique.

Garde ces sorties vraiment faciles. Les travaux de Seiler (2010) rappellent que l’entraînement d’endurance repose à environ 80 % sur de la basse intensité — et cette logique vaut encore plus en fin de préparation : une grosse séance ne te fera pas gagner en forme, elle videra juste les réserves que tu cherches à remplir. Dans la même veine, Casado et al. (2020) ont montré, chez des coureurs de fond, que la performance se construit sur le volume facile accumulé et le travail de qualité au fil des mois. Autrement dit, rien ne se gagne la dernière semaine — mais beaucoup peut se perdre à forcer.

Moins de course, plus de glucides : c’est cette combinaison qui remplit le réservoir.

La veille et le jour J

La veille, prends un dîner riche en glucides que tu connais et que tu digères bien — tes pâtes ou ton riz habituels. Ni gargantuesque, ni trop tardif, pauvre en fibres et en gras. Si tu veux caler précisément les quantités, regarde notre article sur combien de glucides manger la veille d’un marathon. Hydrate-toi, sale un peu ton repas, oublie l’alcool, et dors.

Le matin, mange deux à trois heures avant le départ : un petit-déjeuner familier et riche en glucides (flocons, pain-confiture, banane, café si tu en bois d’habitude), facile à digérer. Bois un peu, sans te remplir. Encore une fois, rien de neuf dans l’assiette.

Le principe tient en une phrase : cette semaine, aucune bouchée ne te rendra plus fort, mais une mauvaise peut te coûter la course. Un ventre léger, des réserves pleines, des aliments que tu connais par cœur — c’est tout ce que ton corps attend pour tenir jusqu’au bout.